Peinture
Céline ACHOUR
Vernissage
Le vernissage aura lieu le vendredi 6 février de 18h30 à 20h30 à l’Atelier Pièce Unique.
Stage

L’appel de la forêt
« L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible » Paul Klee
Avec L’Appel de la forêt, la Galerie Atelier Pièce Unique réunit un ensemble d’œuvres traversées par la présence imaginaire de la forêt : un lieu à la fois originel, inquiétant, protecteur et fictionnel. La forêt y apparaît comme un espace où les images semblent émerger d’une profondeur, d’un espace symbolique, peuplé de figures, de traces et de présences imaginaires. Elle est le lieu où se croisent l’enfance et l’inquiétude, le souvenir et le fantasme, la perte et le désir de retour.
Les images de Céline Achour évoquent les mécanismes de la mémoire et de l’inconscient — qui, comme le rappelait Freud, ignore le temps. Répétition, décalage et mise en abîme inscrivent ainsi le travail de l’artiste dans une filiation résolument surréaliste. Les motifs glissent, se dédoublent, se troublent, évoquant cette logique de l’inconscient où passé et présent se superposent, le familier devient étrange et l’intime bascule dans l’inquiétant. Ce qui est donné à voir est toujours traversé par ce qui est caché.
Au cœur de cet univers, le papier peint, par exemple, qui agit comme une peau. Surface décorative, domestique, presque anodine, il devient chez Céline Achour un lieu de mémoire. Les motifs se répètent, se décalent, se fissurent, laissant affleurer le temps, l’usure, l’histoire des lieux et des êtres. Ce qui semblait n’être qu’un décor se transforme en récit comme dans un rêve. Le papier peint montre autant qu’il dissimule : il protège, recouvre, mais dévoile aussi les sentiments sous-jacents.
L’Appel de la forêt nous invite ainsi à une traversée : celle de la matière, des images et de l’imaginaire, jusqu’à ce point fragile où le regard ne sait plus s’il voit, se souvient ou rêve.
En contrepoint, les œuvres de Cécile Coutant viennent dialoguer avec celles de Céline Achour. Ces trophées, massacres de cerf, détournés et transfigurés, semblent surgir d’un rituel oublié. Chargés d’un imaginaire à la fois archaïque et incandescent, ils prolongent la présence de la forêt sous une forme plus sauvage, plus instinctive et féminine.
Les œuvres-objets de Cécile Coutant possèdent une force et une présence singulières, où la beauté est indéniable, comme si la nature elle-même, à la fois blessée et magnifiée, trouvait ici une voix nouvelle — éclatante, sensible — invitant à explorer ces espaces troubles entre nature, mémoire et fiction.
L’Atelier Pièce Unique
SAINT-GERMAIN-EN-LAYE, 78112 France
